« Défendons-les » !

En 2017, 312 défenseur.se.s de l’environnement et des droits humains ont été assassiné.e.s à travers le monde (source). Dans de nombreux pays, les droits humains et environnementaux sont présentés comme un danger pour les intérêts nationaux. L’objectif de développement économique, qui sert d’excuse aux expropriations ou au travail forcé, justifie aussi toutes les violences contre les défenseurs : agressions, emprisonnements, assassinats.

Parce que tuer est devenu « acceptable » lorsque l’intérêt économique est en jeu, et que beaucoup de ces défenseurs appartiennent à des minorités ou des communautés appauvries, l’indifférence et l’impunité entourent souvent leur mort. Pour lever ce voile du silence, retrouvez ici les noms de ces 312 activistes assassinés.

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Comment agir avec Amnesty International

« Défendons-les » est une campagne mondiale d’Amnesty International en faveur des défenseurs des droits humains.  Ses objectifs :

  • leur donner des outils pour s’organiser et se défendre
  • faire adopter des lois qui les protègent

Un possible outil de travail ? Le logiciel Ushahidi (« Témoignage »), créé par l’avocate kényane Ory Okolloh. Depuis 2015, il permet dans toute l’Afrique et au-delà de lutter contre la fraude électorale, venir en aide aux victimes de violence et communiquer plus librement.  

Un exemple de loi protectrice ? Le récent traité signé par 24 pays d’Amérique Latine, visant à protéger les militants écologistes dans la région du monde la plus meurtrière pour ce groupe de défenseurs.

Surtout, l’objectif principal de « Défendons-les » reste de faire connaître du public les défenseurs persécutés, de jeter la lumière sur des atteintes aux droits parfois méconnues. Ainsi, en vous mobilisant pour des cas individuels, vous contribuez à la reconnaissance de leur combat.

C’est le cas de Taner Kiliç, président d’Amnesty International Turquie. Incarcéré depuis 8 mois, il incarne le « retour en arrière » de la Turquie d’Erdogan et prête son visage aux milliers d’opposants, journalistes, avocats… emprisonnés arbitrairement.

C’est le cas d’Azza Soliman, avocate et militante des droits des femmes égyptienne. Sa situation éclaire sur le harcèlement dont peuvent être victimes les défenseur.se.s en l’absence de lois protectrices : comptes bancaires gelés, interdiction de sortie de territoire…

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C’est le cas d’Issa Amro et Farid al-Atrash. Militant non-violent, le premier est coordinateur d’une ONG palestinienne, ancien collaborateur d’une ONG israélienne ; le second est son avocat. Eux aussi sont harcelés en raison de leur engagement pacifique contre la colonisation israélienne, et poursuivis sans fondement.

C’est le cas, enfin, de Tep Vanny, militante cambodgienne du droit au logement. Un pays plus lointain, une lutte moins connue, mais une même violence exercée sur les plus démunis et ceux qui les soutiennent. Parce qu’elle a défendu des familles expulsées pour un projet de construction immobilière, Tep Vanny a été menacée et battue ; elle est aujourd’hui en prison.

Il y a près de 20 ans, les Nations Unies adoptaient la Déclaration sur les défenseurs des droits humains. Aujourd’hui, la pression s’accroît toujours plus sur celles et ceux qui s’engagent pour les autres, et pour la terre. La preuve sans doute que leurs actions gagnent en efficacité, que leur capacité de mobilisation se perfectionne ; mais la preuve aussi qu’il faut maintenant les soutenir massivement.

En savoir plus :
La campagne « Défendons-les »